Quand un publicitaire passé au Sarkozysme rencontre un producteur réalisateur de films américains en français, ça donne un beau mariage, celui du cinéma (entertainment) et de la publicité (advertising) : l’advertainement (SIC, CQFD). Imaginez un peu : tous les films seraient comme James Bond ou Sex in the City mais en pire, que des marques glissées dans tous les plans, et même pas de façon subliminale puisque là on ne se cache plus, on communique sur ce mariage de la carpe et du lapin. Imaginez encore mieux : un film dans lequel un acteur allumant une cigarette Marlboro, commande à un barman un Jack Daniels et faisant claquer sa Rolex sur le comptoir, il attend sa conquête d’un soir juchée sur des talons Jimmy Choo et moulée dans sa robe Chloé pour aller dîner chez Costes au volant de son coupé BMW… Quel cauchemard non ? Et non, c’est ça la société du spectacle et c’est beaucoup d’argent donc on est prié de continuer à aller au cinéma et à acheter / louer / télécharger légalement les DVD ou les Blueray.
“Nouvel SFR” : des départs volontaires très 2.0 !
octobre 1, 2008On le sait, quand ça fusionne, ça licencie ou mieux maintenant ça demande aux volontaires de partir. Le CCE de SFR a donc raison de s’émouvoir d’une situation où la gloutonnerie du nouvel ensemble, une des configurations d’opérateurs les plus profitables d’Europe, va concrètement se traduire par 450 départs volontaires : leur avis défavorable ne stoppera rien mais il n’arrangera au moins pas le groupe dans ses plans (sociaux déguisés).
Car il n’est pas question de faciliter les choses à Franck Esser le PDG du groupe et de faire financer par la réduction de la masse salariale les investissements que le groupe veut faire pour “affronter la concurrence” car n’oublions pas que les opérateurs forment un cartel / oligopole qui a déjà été condamné pour entente, qu’ils facturent tous les SMS a un prix indécent sans équivalent dans le monde et enfin qu’ils font tout ce qu’ils peuvent, ensemble, pour freiner l’arriver de Free dans la cour des grands opérateurs. Il faut bien qu’ils amortissent l’achat des licences accordées par l’état et qu’ils continuent à faire financer leur réseau par leurs clients, et par leurs salariés.
Web08 : contre le Davos du web, un Web08 “off” pour la fracture numérique ?
octobre 1, 2008Le Davos du Web existe et il se passera en France à Paris les 9 et 10 décembre prochain. Cette manifestation aux frais d’inscriptions discriminants est organisée par Loïc et Géraldine Lemeur, des entrepreneurs américano-français qui font la pluie et le beau temps dans le petit landerneau des blogs et du web français.
Tous les blogueurs roucoulent et parlent de l’Evénement pour obtenir des invitations gratuites, les journalistes sont tout excités et le business coule à flot donc tout va bien dans le meilleur des mondes…
Mais quid des analphabètes, des déficients, des non-connectés, des 4 milliards de personnes sans accès Internet, de l’ordinateur à 100 euro, de l’ill ectronisme : rien n’est au programme ?
Alors pourquoi pas un Web08 “off” comme cela a été évoqué dans Paroles de Blogs d’Eric Dupin de Presse Citron et pour lequel un groupe Facebook est créé (wow, quel courage) ? Eux le réclament car le Web08 est “trop américain” et parce que “tout est en anglais” mais c’est plutôt pour combler la fracture numérique et apporter aux gens qui en ont le plus besoin la force d’Internet qu’il faudrait le monter ce Web08 “off” : vous croyez pas les gars ?
Car si les inégalités sont légions, la pire est celle engendrée par le non-accès à Internet du fait d’un manque de compétence numérique : ce n’est pas un problème d’argent car on peut donner l’accès sans pourtant donner le pouvoir d’en faire quelque chose. Et c’est là blogueurs, entrepreneurs et geeks que votre valeur ajoutée serait déterminante si vouys partagiez vos connaissances, si vous passiez du temps et de l’énergie à impliquer sur le réseau les pauvres, les handicapés, les analphabètes, les isolés, les ruraux, les déconnectés.
Et ce serait quand même plus valorisant pour vous que de poster des twitts ou de podcaster en streaming non ? Allez, relisez les principes fondateurs du web et remettez vous à travailler à son extension par tous, pour tous et partout ne monopolisez pas la puissance du réseau pour vos intérêts personnels, pour vos égos et pour votre capital. Merci d’avance.
Loi HADOPI : débile, malsaine, inefficace et chère en plus !
septembre 29, 2008En plus d’assurer encore un peu aux majors la pérennité de leurs marges et en plus de prévoir des crédits d’impôts supplémentaires pour l’industrie musicale, la loi HADOPI sur la “création” va coûter selon le Ministère de la Culture 6,7 millions d’euros aux contribuables. Autant dire que ce sera beaucoup plus car les coûts induits amont et aval n’ont pas été évalué correctement (comme pourrait on connaître le coût réel d’une loi qui sera inapplicable dès l’origine). Donc malgré le contre exemple de l’Espagne, malgré les hostilités éthiques, créatives et techniques contre cette loi, le Gouvernement continue et il ne trouve sur son chemin que les déclarations opportunistes de patrons de FAI faussement opposants mais complices (Free), d’atermoiements policés des instances de régulation (ISOC), des pétitions inutiles des professionnels de l’activisme et un sourire gêné de la presse informatique et numérique. Et bah bravo les comédiens. Il faudrait peut-être dégainer les armes citoyennes et pacifiques de la rébellion numérique (DDOS, mailbombing…), faire de la discrimination commerciale positive envers les artistes ayant pris le parti du téléchargement / de la licence globale. Non ?
Huang Qi ou l’arbre qui cache la forêt de lâches…
septembre 28, 2008Il est blogueur, il est cyberdissident, il est défendu par RSF mais il est en prison pour ses idées, ses opinions et le fait qu’il les a exprimées ici : http://www.64tianwang.com/. Faut dire que “détention de secrets d’Etat” c’est un chef d’inculpation grave en Chine et ailleurs aussi. La question c’est qui l’a balancé ? Google ou Yahoo qui se réunissent très régulièrement avec les autorités chinoises pour savoir ce qu’il est possible de publier sur l’Internet chinois ou non ? Un des nombreux faux blogueurs qui sont chargés de détecter et de dénoncer toute déviance ? Allez savoir, une adresse IP est tellement facile à repérer quand on a la main mise sur l’infrastructure télécom et réseau, les moteurs de recherches, les hébergeurs et les FAI et qu’on agit avec leur complicité zélée. C’est pas le seul en plus et il n’y a pas qu’en Chine qu’on traite les blogueurs comme ça… Heureusement c’est pas chez nous que ça arriverait, car chez nous les blogueurs qui sont critiques deviennent candidats à des élections (Christophe Grébert à Puteaux), cadres de haut niveau en agence de communication (Gonzague, Mry et les autres…) ou tout simplement chez d’entreprise (Versac). Quel courage et quelle cyberdissidence !
Médias, business et politique entre consanguinité et conflits d’intérêts permanents
septembre 28, 2008Denis Olivennes est il un patron, un rédacteur en chef, un rédacteur de rapport sur le marché de la musique ou la figure symptomatique de la consanguinité qui règne entre le journalisme de marché, les politiques libéraux et les médias capitalistes ? C’est sûr qu’avec Denis, on ne risque plus de publier les SMS de Cécilia ou de CBS (Carla Bruni Sarkozy) dans le Nouvel Observateur… Alors que Nicolas Sarkozy, toujours lui, intervient régulièrement pour faire le ménage dans les médias : Nicolas Beytout de LVMH lui rend la pareil au niveau la charte éditoriale de Les Echos, Enjeux Les Echos, Investir, Radio classique. Jean-François Kahn, de Marianne, est la tête de liste du Modem aux élections européennes, Nicolas Hulot de TF1 fait du lobbying (pour les Verts ou pour Ushuaïa ?), alors que Serge Dassaut gère Le Figaro. Tout ça pue un peu le renfermé et la collusion non ? Heureusement il y a Internet et les blogs, le Canard Enchaîné, le Plan B, CQFD, Fakir, Rue89 et les autres.
Qu’ils aillent tous se faire foutre !
septembre 27, 2008Ce blog est destiné à dire cette chose très simple : les barons de la blogosphère, les magnats des médias ou de la pub, les patrons de web (2.0 ou pas), les grands annonceurs, les gens qui nous suveillent, les exploiteurs du capital cognitif, les financiers, les régulateurs, les architectes et les infrastructures réseaux et télécoms… qu’ils aillent tous se faire foutre !
Racontons les coulisses, sortons les cadavres des placards, disons les choses telles qu’elles sont, humilions les humiliateurs, donnons la parole aux fracturés du numérique ou à ceux de la fracture numérique, dégonflons les dégonflés et les bouffis d’orgueil. Et tout ça avec le sourire en plus, ce qu’ils n’ont plus depuis longtemps tous ces monétiseurs de la liberté d’expression, de la science, du code, des données personnelles, de la créativité et de la passion des personnes, et de la culture.
L’information veut être libre, Internet est un instrument de libération collective et d’émancipation individuelle trop puissant pour le laisser aux mains d’intérêts privés ou publics.
Nous sommes le réseau ne l’oublions pas, et le réseau ne dort jamais…